NOTRE HISTOIRE

PREMIÈRES PIERRES

1858, année sans événement d’envergure dans une Suisse récemment devenue Etat Fédéral (1848), voit la naissance du premier magasin d’horlogerie à la Place de la Palud, selon les archives, la plus ancienne horlogerie lausannoise.

En 150 ans l’enseigne s’est déplacée trois fois, mais n’a jamais quitté le cœur de la ville, la place de la Palud. Du fond de la place, le magasin est transféré au tout début du XXème siècle à côté de l’Hôtel de Ville et face à la fontaine de la Justice, comme les photos de l’époque en témoignent. N’étant pas propriétaires des murs lors de la vente de l’immeuble, les Guillard ont temporairement aménagé leurs activités en face, au 22, place de la Palud, pour retourner quelques années plus tard à l’ancien emplacement, en acquérant l’immeuble à leur tour. Depuis lors, la Palud est le poumon de l’entreprise.

Le véritable développement de la maison est dû à André Guillard (1915-1991), fils de Georges et Marguerite née Cuenoud. Horloger de formation, homme politique vaudois, il était l’avocat infatigable de son métier et de l’horlogerie suisse durant toute sa vie. Déjà Président des Horlogers Vaudois à 23 ans, puis Président des Horlogers-Bijoutiers-Orfèvres Suisses durant 20 ans, il était de ceux qui ont porté haut le drapeau de notre industrie. Visionnaire, il prévoyait le développement d’Ouchy où déjà en 1963 il ouvrait une succursale au Beau-Rivage Palace.

Ayant vécu l’après-guerre et le formidable engouement pour nos belles montres de la part des soldats américains en congé de service, il sentait que beaucoup d’entre eux retourneraient comme touristes; effectivement, le boom des années soixante justifia pleinement l’ouverture de la succursale du bord du lac.

C’était également l’époque où des quartiers dortoirs se muaient en centres commerciaux. La grande distribution cherchait soudainement le chaland dans son quartier, près de sa résidence. Ce développement amena André Guillard à s’implanter dans le nord de Lausanne, au Pont de Chailly, un quartier charmant où dominait la Confiserie Mojonnier, qui donnait ses lettres de noblesse à ce coin de la ville un peu à l’écart, et habité d’une forte âme locale.

En 1970 la deuxième succursale Guillard s’ouvrait donc au Pont, en parallèle avec l’édification de l’immeuble de la grande Migros; les développements depuis lors n’ont plus arrêté, de sorte que le quartier aujourd’hui a perdu un peu de son âme d’antan…

Les temps changent et les mœurs avec. Le carnotzet, situé sous le magasin du 1, place de la Palud a vu, des années durant, nombre d’hommes valeureux discuter des problèmes de la ville, et trouver des solutions dans un esprit confraternel. Il y régnait une symbiose chaleureuse, bien vaudoise, et André Guillard savait recevoir ses amis politiques et d’affaires, et les anciens syndics de Lausanne étaient souvent de la partie; la proximité de l’Hôtel de Ville y était aussi pour quelque chose. Nous restent en souvenir les anciennes prises de vue d’une époque où le plein emploi était la norme et la jeunesse avait encore une vision pour son futur.

La première lézarde fut le choc pétrolier de 1975, et les problèmes économiques y relatifs une fois derrière nous, Lôzanne commençait à bouger sans trop de dégâts heureusement, et André Guillard voyant une opportunité, en profita pour ouvrir un deuxième magasin à Ouchy, à côté de l’hôtel Mövenpick, dans la Maison du Tourisme. Ceci pour répondre à la croissance touristique et permettre à son petit-fils Dominique de se faire la main pour reprendre l’affaire familiale.

Mais Dominique, amoureux des étendues nord-américaines, traversa rapidement l’Atlantique pour y vivre son rêve et André Guillard décida alors de vendre. Son neveu Jean-Pierre et moi-même nous nous faisions fort pour prendre sa succession. A peine le contrat de vente conclu en 1990, nous décidions d’ouvrir un cinquième magasin à Pully, pour être plus proches de nos clients dans la commune de Jean-Pierre.

Le malheur frappant en 1991, André Guillard, décédé subitement après une vie riche en succès professionnels, sociaux et humains, nous laissa du coup orphelins. En même temps, débuta une grave crise économique. A la fin de la crise, Jean-Pierre décida de quitter la Maison Guillard qui se trouvait, en 1995, dans une situation peu confortable.

DE 2000 À AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, après avoir pris la décision difficile de fermer la succursale de Pully en 2000 et celle de la Maison du Tourisme en 2007, tout en restructurant patiemment les stocks et les marques et en améliorant les infrastructures, Guillard reprend le chemin de la croissance, mais il nous reste encore un grand avenir à écrire.

Bernard Metzger
Propriétaire et administrateur

Ayant parcouru avec vous quelque lignes d’histoire, depuis 1858, je souhaite avoir pu éveiller en vous un sentiment d’histoire commune: Lausanne d’antan et Lausanne maintenant. Un siècle et demi d’entraves, d’évolutions et d’émotions qui se sont, d’une certaine façon, matérialisées dans la Maison Guillard. Celle-ci sort revigorée de l’épreuve des derniers quinze ans, et se réjouit de vous donner rendez-vous pour son prochain anniversaire!